Au souvenir charmant de cet après midi
Mon vieux cœur se contracte, ça lui fait comme des plis
Une pensée soudaine, une légère nostalgie
Mon enfance, la purée, et puis les raviolis

Je revoyais maman, elle travaillait la pâte
J’la quittais pas des yeux, de peur qu’elle ne la rate
Pendant que mijotaient les viandes et aromates
On a toujours renié les raviolis en boite
Aujourd’hui c’est dimanche et j’ai des invités
J’avais prévu homard et des mets raffinés
Des raviolis, maman qu’en fait ils vont manger
Quelle cabriole vais je faire pour les faire accepter

Bonus
Ce matin au réveil je rigole, je rigole
Je repense à cette nuit et à nos cabrioles
Que c’était magnifique, je ne sais plus qui je suis
Toi tu m’a subjuguée et puis ravi au lit….
Triluc
e
Quand j’étais petit, j’étais carré comme mes raviolis
Mais cela ne m’empêchait pas de faire pipi au lit.
Je lisais Arsène Lupin, le roi de la cambriole,
Stevenson, Agatha Christie et Fantomas qui cabriole.
Puis, j’ai découvert les u verts de Rimbaud,
Que coulaient nos amours sous le pont Mirabeau.
Dès lors, je me suis perdu entre les lignes,
Sur les pages blanches pleines de signes,
Mots-clefs, croisés, fléchés par le poète,
A déguster blotti sous une couette.
J’ai ainsi vu la cigale dépourvue de La Fontaine,
Qui avait le Spleen, puis un homard à l’américaine,
Egaré dans l’inventaire de Monsieur Prévert,
Un albatros, dans le ciel bas et lourd de Baudelaire,
Des sentiments, des idées et des maux aussi.
Allez, rien qu’une fois, relis une poésie !
Une de celles que tu apprenais par cœur à l’école,
Et qui rendait ta professeur de français folle,
Tant, la veille, tu l’avais mal apprise.
Aujourd’hui, tu la lis, elle frappe ton hypophyse.
Rappelle-toi, Barbara et les contemplations,
Sables mouvants, Illumination, Ma bohème.
C’est quand même beau, un poème.
AD

e
Même les Pygmées peuvent rimer

Pour faire plaisir à tous ces champions, mes pygmalions,
Ceux qui rient de mes tics et de mes rimes primitives,
Moi, le pygmée des « é », me lance dans une tentative
De réformer mes habitudes. Place à la verbale révolution !

Je ne pratique donc plus que la rime en « ule » ;
Plus difficile qu’avec le « é » en sont les conciliabules,
Et pourtant, je réussis ce travail, digne d’un Hercule,
Pour inventer un monde de tentacules et autres pédoncules.

Je brûle de cet exploit qui relance mes ardeurs
De devenir un grand, de ceux qu’on appelle auteur ;
Ceux qui sont si haut qu’il gèle comme dans un freezer ;
Ceux qui sont si beau qu’il passe jamais l’aspirateur.

Maintenant que je pratique les cabrioles poétiques,
Mes rimes « ravioli » se transcendent en exploits linguistiques.
Et l’on ne trouvera plus ni gaîté, ni spontanéité ; dans mes feuilles !
Mes verbes obliques se briseront sur de savants écueils.

En conclusion, pour toute réflexion, au fond de moi, je crois,
Savoir pourquoi les politiques emploient des mots alambiqués.
Depuis tout jeune, les pauvres, ils ont été brimés dans leur logorrhée,
Interdits de pratiquer des rimes en « é » sous peine de redoubler.

Quel dommage, d’un seul coup, de leurs discours est rayé,
Des mots sympas, et que pourtant on adorait,
Y avait l’égalité, la liberté, et surtout la solidarité ;
Des mots handicapés par une racine un peu trop basanée.

En guise de conclusion, aux détracteurs des rimes en « é »,
Je n’aurai plus que mon majeur à leur présenter,
Et puis, si à la fin, les mots ne peuvent plus plaisanter,
Je rentrerais dans ma tribu, celle qui adore les rimes en « é ».
Franco
e
Maître Voleur dans un placard caché,
Tenait en sa main un cric prêt à fracturer,
Toutes les portes, et les lattes du plancher,
Pour un peu d’or dénicher !

L’ami Gendarme tout de bleu paré,
Tenait en sa bouche un mégot atrophié
Parcourant les rues de sa ville
A la recherche d’un vil goupil !

La grand-mère du quartier,
Chez qui le voleur se cachait,
S’empressait de préparer le plat du mercredi,
Des vraies et pas des Buitoni, j’ai nommé les Raviolis…

L’odeur filant par la fenêtre,
Finit par attirer notre garde-champêtre,
Qui dirigea ses pas sur un air de cabriole,
Vers la maison où se commettait un vol !

Le voleur innocent, enfin pour l’instant !
Fut surpris par la grand-mère qui poussa un cri strident,
Elle alerta l’homme de loi, qui n’eu pas les foies
Enfin faut-il préciser, pour cette fois !

Et en deux temps trois mouvements,
Le policier au ventre bedonnant,
Saisi le voleur sans ménagement !
Le rouant de coups, lui cassant les dents !

Au nom de la République, il le tortura
Pensant qu’il faisait partie de l’Al-Quaida
Puis pris de remords, sans jamais vouloir reconnaître ses tords
Le mis dans un avion, lui promettant un avenir en or !

Je vous laisse deviner le futur qu’on lui a réservé !…
Un billet première classe direction la misère,
Dans un pays ravagé par la guerre,
Ou bien évidemment il est aussi un étranger…

Moralité de l’histoire,
Faut pas faire chier mamie
Quand elle fait ses raviolis,
Sinon t’iras faire des cabrioles dans un trou noir !
Romi
e
Backdraft

Lassé de cette monarchie déguisée en république
Des vestes retournées, des cabrioles démagogiques
De toutes ces têtes couronnées en chefs d’état si vils
De l’écho des sondages et des voitures en ville
Je veux juste me goinfrer de ravioli devant un bon JT
Mal armé devant un grand débat télé sur l’insécurité
En espérant qu’au fond tous les maux vont disparaître
Sans jamais se battre ou bouger d’un centimètre
Mais attention car sur le front on aperçoit de la fumée
Par inadvertance la flamme vient d’être rallumée
Au royaume des aveugles pas besoin d’être une lumière
Le borgne joue des tours alors protégez vos arrières
Jesus
e
Mercredi

J’aime le mercredi
Parce que c’est raviolis
Et parce que juste après
On file dans ton cabriolet
Direction le Cabaret.
Puis là sur ton tabouret
Tu t’exerces à de drôles de cabrioles
Moi je t’admire toi mon idole
Perché sur tes hauts talons de folle
Tu gambades tes belles gambettes
Tu fais fantasmer tous les asexués.
Et quand enfin s’achève la soirée
C’est sur les fauteuils de ta vieille carriole
Que tu continues tes drôles de cabrioles
Tu me sautes tel un petit cabri
Et là je me dis que je serais ravie au lit…
Flouff

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